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Retour sur La Semaine de la solidarité internationale

La 17ème édition vient de s'achever. Les collectifs savoyards, une fois de plus, ont été au rendez-vous!

Pendant la Semaine de la solidarité internationale l'équipe tente d'aller sur les territoires assister aux différentes animations organisées. Il y a beaucoup de manifestations et elle ne peut pas participer à toutes. Mais c'est toujours un plaisir d'aller à la rencontres des acteurs. Retour sur quelques unes de ces animations!

 

A Albertville

La Semaine de la Solidarité Internationale débute pour moi à Albertville, le 12 novembre, avec la soirée "L'éthique sur l'étiquette". La coordinatrice du collectif albertvillois introduit la soirée, insitant sur le fait que chacun(e), par ses gestes quotidiens, par ses achats, a une responsabilité dans les injustices et inégalités mondiales, et donc une marge de progression.

La projection de "Les damnées du lowcost" qui revient sur l'éffondrement, en 2013, du Rana Plaza, permet d'entrer dans le sujet. Au Rana Plaza des milliers de travailleurs du textile confectionnaient des vêtements pour les grandes marques occidentales. Payés quatre fois moins que des ouvriers chinois, ils avaient l'obligation de travailler sans relâche, l'interdiction de parler aux clients étrangers et des conditions de travail indécentes. Alors que le bâtiment laissait apparaître de grandes fissures, ils ont reçu l'ordre de reprendre le travail sous peine de licenciement. L'effondrement de l'immeuble a fait 1138 morts et 2500 blessés.

Le documentaire met l'accent sur la responsabilité du patron mais surtout des grandes marques occidentales qui, malgré un bénéfice important, cherchent à tout prix à réduire les dépenses. Depuis 2005 le commerce a connu une dérégulation, avec des délocalisation et la destruction de l'économie locale. Il existe des normes internationales, qui définissent ce qu'est un travail décent, mais comme toutes les normes internationales, elles ne sont pas contraignantes: les coupables ne sont pas punis.

Le collectif "Ethique sur l'étiquette" cherche à ce que les maisons mères soient reconnues comme juridiquement responsables de leurs filiales. En novembre 2013, une loi, écrite avec des parlementaires, a été déposée, inscrivant le devoir de vigilance dans les devoirs des entreprises. Cette loi a été bloquée par le gouvernement, le MEDEF (Mouvement des entreprises de France) et l'AFEP (Association française des entreprises privées).

Nayla Aljatouni, la coordinatrice national du collectif "Ethique sur l'étiquette" explique que la France est bien en retard par rapport à ses voisins européens. Pour remédier à cela, il y a plusieurs manières d'agir. Le commerce équitable et les achats en circuit-court sont une solution possible. Il est également important de prendre conscience que la recherche permanente du prix le plus bas et la sur-consommation provoquent ont un prix dans les pays producteurs. Enfin, et surtout, les citoyens doivent se mobiliser pour obliger les entreprises à proposer une offre socialement responsable.

 

A Chambéry

La queue est longue devant le cinéma. La venue de Marie-Monique Robin a attiré les foules. La salle est rapidement remplie et beaucoup restent dehors, toutes les places ayant été vendues. Une deuxième séance est organisée pour le lendemain. C’est le film « Sacrée croissance » qui est projeté. La réalisatrice y donne la parole à plusieurs économistes, certains francophones certains anglophones. Ils sont unanimes : la période où la croissance était une solution aux inégalités est terminée. S’ouvre alors une période de post-croissance où de nouveaux modes de vie doivent être trouvés. Plusieurs initiatives, aux quatre coins du globe, sont creusées, choisies car créées il y a suffisamment longtemps pour que l’on ait du recul quant à leur efficacité. Banque citoyenne, monnaie locale, agriculture urbaine : les alternatives à la course au profit, à l’épuisement des énergies fossiles, à la destruction de l’humain et de l’environnement sont nombreuses et accessibles !

 

Dans le bassin aixois

Samedi, je brave le brouillard de Pugny-Chatenod pour aller participer à la disco-soupe du collectif. Une disco-soupe c'est la préparation collective, par tout(e) volontaire, avec des légumes invendus, d'une soupe à partager. Malheureusement les habitants ne sont pas au rendez-vous. Plusieurs animations sont programmées en même temps et la soupe a été noyée dans la masse. Qu'importe. Elle a tout de même été cuisinée le matin, j'arrive à point nommé pour la déguster. Si les visiteurs manquent à l'appel, c'est néanmoins l'occasion pour les membres du collectif de partager un moment convivial: c'est aussi ça la Semaine de la Solidarité Internationale!

Trois expositions ont été accrochées: une première, réalisée par Ritimo, aborde la question du don afin de montrer qu'en solidarité internationale, le don n'est pas toutjours une bonne solution. La deuxième "Partir pour être solidaire" permet de réfléchir aux différents moyens d'être solidaire à travers l'expatriation. Une troisième présente des sourires de personnes ayant bénéficié de l'action d'une association. Avant, après! Enfin, la quatrième incite à la réflexion quand à notre consommation: les légumes jugés inaptes  à la vente à cause de leur aspect biscornu méritent-ils vraiment d'être jetés? Combien de tonnes de nourriture gaspillons-nous par année? Des questions qu'il est nécessaire de se poser tous les jours!

Après le déjeuner, place à la musique. Le groupe "T'inquiète la guinguette" sait redonner de l'entrain à la salle. Accordéon, guitare, cajón, flûte traversière, les doigts courent sur une musique entrainante. Les enfants de l'ACEJ se lancent dans des farandoles à n'en plus finir. Les adultes ne sont pas en reste et c'est tout le public qui ressort ravi!

 

A Aime

Lorsque j’entre dans la salle des fêtes, de bonnes odeurs viennent titiller mon nez : les plats du buffet partagé sont déjà installés. Mais avant de les déguster, l’idée est de s’interroger sur ce qu’on mange aux quatre coins de la planète. L’exposition de Peter Menzel présente ce qu’une famille consomme en une semaine, dans différents pays. Budget alloué à la nourriture, place d’un besoin primaire dans les dépenses hebdomadaires, origine et modes de production des aliments, emballage, gaspillage : les aspects sur lesquels réfléchir sont nombreux. 
Ensuite les visiteurs sont invités à participer à un Pas en avant. Chacun(e) se met dans la peau d’un personnage qui lui est donné, dans un pays donné. L’animatrice énonce des situations. Les personnages avancent d’un pas s’ils pensent être dans la situation énoncée, sinon ils restent sur place. Le constat est flagrant : les inégalités sont criantes. Et plus qu’une question de pauvreté, le manque d’accès à l’éducation, à la liberté d’expression, aux soins, à la possession matérielle est une question de non-respect des droits fondamentaux. Et ne pas garantir les droits c’est illégal ! De quoi toutes et tous se mobiliser !
Après le repas partagé interculturel, place est faite aux témoignages. Pendant que des contes sont proposés aux enfants, les adultes peuvent écouter des récits de séjours à l’étranger : Madagascar, Maroc ou Sénégal à Bignona dans le cadre du projet Anima’terre jeunesse. De quoi donner envie à d’autres de découvrir les richesses d’autres cultures.

 

A La Motte-Servolex

La soirée solidaire se déroule en deux parties. Pour la première partie le visiteur est invité à circuler autour de plusieurs pôles.
L’association ADDCAES propose de jouer au « Jeu du migrant » : chaque participant pioche une carte personnage qu’il incarnera le temps d’un tour de plateau. Mais selon le personnage le chemin est plus ou moins truffé d’embûches. Causes des migrations, démarches administratives, conditions de vie quotidienne : malgré les préjugés qui demeurent, il n’est pas simple d’être un migrant en France.
Les élèves du collège présentent des scénettes et des chants en langue étrangère. En effet ces élèves sont membres de la classe internationale, une première ouverture d’esprit !
Quatre indiennes étudiant ou travaillant en France font ensuite une démonstration de danse indienne.
Enfin Anouk projette une vidéo de son séjour à Madagascar dans un centre pour enfants. L’évolution de la posture entre lé début du projet et le retour est flagrante : un séjour qui aura permis aux jeunes de se questionner sur la solidarité internationale, de mûrir, de se construire.

La deuxième partie de la soirée est consacrée au spectacle « Terre de l’aube » de Martin Ferron. Roman graphique, il mêle chansons, mutimédia, dessins, récit autour de l’histoire d’un migrant roumain qui tente sa chance au Québec. Eloignement de sa famille, difficulté d’intégration, recherche de travail ; il n’est pas simple de migrer. Mais ce migrant est aussi urbaniste : il proposera des innovations dans l’aménagement du territoire et du développement durable.

Environ 150 personnes sont venues assister au spectacle. Elles apprécient le récit et l’utilisation de plusieurs formats. Une discussion entre la salle et le metteur en scène s’ensuit. Martin Ferron porte haut et fort les valeurs de simplicité, d’entraide et de solidarité.

 

 

 

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