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Retour sur la soirée Devreporter Network à Albertville du 14 octobre

Compte rendu par JM Canova de la soirée "Médias et solidarité internationale", organisée par Resacoop, le Club de la presse des Pays de Savoie et Pays de Savoie solidaires.

« N’hésitez pas à nous harceler ! »

Cette phrase, pour le moins surprenante, a été prononcée lors de la soirée organisée par Pays de Savoie Solidaires à la Maison du parc d’Albertville devant une quarantaine de personnes. Elle émane du directeur départemental Savoie du Dauphiné Libéré dans son propos sur les relations entre médias et associations de solidarité internationale implantées sur le territoire.

Fort du constat que les acteurs de la solidarité avaient des difficultés récurrentes à communiquer avec les médias, Véronique Da Silva, chargée de mission à Pays de Savoie solidaires et son équipe, s’étaient adressés à Resacoop pour mettre sur pied ce temps d’échanges. Il avait été demandé au Club de la Presse des Pays de Savoie de trouver les interlocuteurs susceptibles de venir expliquer leurs contraintes mais surtout de donner les clefs permettant de franchir les portes des médias du département.


En préambule, Rose-Marie Di Donato, directrice de RESACoop, a livré le contenu du projet Devreporter Network qui concerne non seulement la région Rhône-Alpes mais aussi la Catalogne et le Piémont.

Anna Castelnuovo, chargée de mission, et Clémence Jean, chargée de communication, à Resacoop, ont restitué les deux études menées dans notre région sur la place donnée à la coopération et à la solidarité internationale ainsi que la manière dont communiquent les acteurs sur leurs actions. Il y a été fait entre autre référence au vocabulaire employé – humanitaire d’un côté, solidarité internationale par ailleurs. Avec le constat final que peu d’articles dans les journaux écrits et de reportages dans les radios et les chaînes de télévision sont consacrés à cette solidarité. Et en parallèle le fait que beaucoup de structures associatives – quand même au nombre de 248 en Savoie – n’ont pas de budget pour leur communication.

Par ailleurs, la relation peu suivie avec la presse – par méconnaissance du mode de fonctionnement des médias -  entraîne une frustration pour les acteurs.

Se rapprocher les uns et les autres

Murielle Mangel, coordinatrice de Radio Alto, William Tortolo, directeur d’antenne à RCF Savoie, André Faucon, délégué régional de France 3 Alpes et donc Eric Veauvy du Dauphiné Libéré, ont accepté de livrer leurs « secrets de fabrication » et répondre aux questions des acteurs de la solidarité, tout cela pour une meilleure compréhension réciproque, Raphaël Sandraz, journaliste indépendant, animant la table ronde.


« La solidarité ne vient pas jusqu’à nous. On a plus envie de comprendre », devait dire Murielle Mangel. Pour André Faucon, « on nous sollicite trop souvent pour parler d’un événement qui va servir à financer un autre événement. Nous sommes de plus en plus prudents sur le terrain international. De plus, nous sommes dans un carcan économique et des contraintes d’actualité.» « La solidarité internationale, ce n’est pas notre fonds de commerce. Nous c’est l’info locale. Ce sera difficile de nous convaincre. Mais nous sommes quand même preneurs d’infos » pour Eric Veauvy.
« La solidarité est dans notre ADN. De plus, l’ouverture au monde est dans nos statuts » selon William Tortolo.
Ensuite a été évoqué le fait que les questions liées à la solidarité internationale sont le plus souvent confiées à des correspondants locaux de presse et à des bénévoles. Selon Eric Veauvy, « ils font souvent le même travail que les journalistes, mais ne sont pas des journalistes. Il y a de très bons correspondants et de très mauvais journalistes. » Côté André Faucon, « les sujets de solidarité internationale ne font pas le plus d’audience. Ce qui se passe près de chez nous, c’est ce qui intéresse le public. »
                        
A quel rythme solliciter les rédactions ?

Le sujet est délicat. Eric Veauvy l’a affirmé : « le bon communicant, c’est celui qui nous harcelle. Mais le journaliste se positionnera toujours par rapport à l’intérêt du sujet proposé. » « Il ne faut pas hésiter à provoquer une rencontre », a noté William Tortolo. Des propos repris par Murielle Mangel : « N’hésitez pas à venir nous voir dans les Bauges. Si vous ne venez pas, nous serons coupés de vous. Très souvent une discussion engendre l’enregistrement d’un reportage. »
Combien de temps avant faut-il prendre contact ? En moyenne une dizaine de jours « pour avoir le temps de nous organiser. Mais c’est l’actualité qui nous guide », devait ajouter Eric Veauvy.
Au moment de l’échange avec la salle, on a entendu par exemple que « l’on a besoin des médias pour toucher ceux qui ne nous connaissent pas. Il faut apprendre à se connaître. Les médias n’ont-ils pas aussi un rôle citoyen ? » Parmi les réponses celle d’Eric Veauvy, déclarant que « il y a une réalité économique dont on doit tenir compte. Soyons prudents sur le rôle des médias ». Ou encore : « Formulez-nous vos demandes ! »
Au moment de la conclusion, Véronique Da Silva a appuyé sur le fait qu’il « faut se rencontrer et construire ensemble des projets. »

Par Jean Marc Canova, Président du Club de la presse des Pays de Savoie  

Lien

Site du projet Devreporter Network : http://devreporternetwork.eu/